Mobilisation contre la venue d’un tatoueur néo-nazi à Bordeaux

 

EDIT : suite à la publication de notre article, le salon de tatouage Kitchen Tattoo a annoncé la déprogrammation du tatoueur nazi Jact. Nous nous réjouissons de leur décision. Néanmoins, dans la mesure où une simple observation de ses productions laissait peu de doutes sur les orientations politiques du personnage, nous nous étonnons qu’il ait fallu attendre une mobilisation collective pour que Kitchen Tattoo prenne conscience de son erreur.

Quoiqu’il en soit, militant d’extrême-droite ou pas, une personne sexiste, islamophobe et raciste n’aura jamais sa place à Bordeaux.

Du 18 au 23 mars prochains, le tatoueur lyonnais « Jact » sera en résidence dans le salon privé Kitchen Tattoo, situé rue Camille Sauvageau, en plein cœur du quartier Saint Michel à Bordeaux. A priori rien d’alarmant, dans la mesure où l’équipe de Kitchen Tattoo semble évoluer dans une sphère plutôt sympathique (jusqu’à suivre des groupes tels que « safe tattoo artists » ou « payetontattooartist », rejetant les œuvres et comportements intrusifs, sexistes ou discriminatoires). Et pourtant…

 

1) Jact, un tatoueur aux œuvres sexistes et racistes

Cet a priori va rapidement vaciller si l’on jette un rapide coup d’œil aux productions de leur futur « guest » (sur son instagram et sa page facebook « Art’Core ») : au milieu d’œuvres hipsterisantes (têtes de mort, colombes, iconographie médiévale), on trouve en effet toute une série de réalisations très peu « safe », en l’occurrence sexistes :

à gauche, Jact et son magnifique tatouage ; à droite, un message tout en finesse

On se décide donc à gratter un peu. Et au fil de son book, apparaît alors une imagerie politiquement très connotée, qui fait riper le dermographe de ce tatoueur sur les rivages de l’extrême-droite. Nous en livrons ici deux exemples :

à gauche, réalisation d’un soleil noir, symbole nordique approprié par la SS, et aujourd’hui très utilisé par les néo-nazis ; à droite, jeu de mot raciste à partir de l’emblème corse

 

2) un tatoueur évoluant dans le milieu d’extrême-droite

Cela commence à faire beaucoup. Or, à force de creuser, on a vite fait de déterrer d’autres indices concordants. Tout d’abord, Jact est un ancien tatoueur du salon lyonnais d’extrême-droite Point d’encrage [voir ici + photo 6]. Ensuite, il sait s’entourer sur les réseaux sociaux de toute la fine fleur fasciste, laquelle ne tarit pas d’éloges sur son travail. Beaucoup de noms émergent, et nous en retiendrons trois : Logan Djian, ancien leader du GUD Paris désormais actif à Lyon [voir ici], Steven Bissuel, ancien président du collectif néo-fasciste Bastion social [voir ici] et Philippe Gardère, condamné en 2013 pour agression homophobe [voir ici] et militant du groupe bordelais néo-nazi le Menhir :

à gauche, Djian aime le tatouage style « Ku Klux Klan » exécuté par Jact sur le bras d’un hooligan faf de Rouen ; à droite, Bissuel aime un autre tatouage exécuté sur ce même hooligan

Gardère adore le poétique « ta gueule grosse truie »

Jact serait-il donc lui-même fasciste ? question purement rhétorique dès lors qu’est révélée sa véritable identité.

 

3) Jact, aka Jules Turon, skinhead néo-nazi et militant du Bastion Social

Le futur « guest » de Kitchen Tattoo, pudiquement réfugié sous ses pseudos, aura simplement oublié de nettoyer ses anciennes publications : il apparaît ainsi sous son vrai nom lors d’une convention de tatouage, à Villeurbanne, en février 2017 :

Photo 6 : Turon pose pour Point d’encrage aux côtés du tatoueur Daniele Pasquino, proche des néo-fascistes italiens de Casapound

Et si « Jact » maintenait encore un soupçon d’ambiguïté, Jules Turon ne fait pas mystère de ses engagements fascistes, tout d’abord comme bonehead dans ses jeunes années, puis comme militant du Bastion social :

à gauche, Turon en complet skin, accompagné du néo-nazi bordelais Virgile Reyero ; à droite, Turon pose avec son t-shirt Bastion Social

Quant à ses publications sur les réseaux sociaux, c’est peu dire qu’elles affichent la couleur : propagande nazie, visuels islamophobes, tout y passe.

à gauche, du saucisson pour « chasser » les musulman.e.s ; à droite, « Totenkopf Propaganda », du nom des unités SS dont le symbole était une tête de mort

 

3) Conclusion : pas de nazi.e.s dans nos quartiers !

Un militant néo-nazi, violemment islamophobe, s’apprête donc à venir s’installer pour six jours en plein cœur du quartier Saint-Michel. Cette venue est selon nous symptomatique de la gentrification que subit ce quartier depuis plusieurs années, gentrification qui dénature peu à peu son caractère populaire, mélangé et militant, et finit par donner des idées à certaines personnes qui n’auraient auparavant jamais pensé y pointer le bout de leur museau.

Il est pour notre part intolérable qu’un pseudo-artiste fasciste vienne pavaner à Bordeaux.

Nous invitons toutes les personnes partageant notre avis à signaler leur colère auprès du salon Kitchen Tattoo. Ce dernier, s’il ne veut pas être suspecté de collusion avec l’extrême-droite, devra prendre ses responsabilités.

Numéro de téléphone de Kitchen Tattoo : 09.50.89.15.99

mail : kitchentattoo.bordeaux@gmail.com

facebook : https://www.facebook.com/kitchentattoo/

Le collectif Pavé Brûlant

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